Lettre du 26 décembre 2024 - Amsterdam
Cher.e.s ashtangis,
Un petit coucou depuis le train qui m’emmène à l’aéroport d’Amsterdam !
Demain, l’Inde : la mystique, l’intense, la reine des paradoxes. Cela fera 10 ans en 2025 que j’ai rencontré ce pays pour la première fois et que je l’ai visité presque chaque année.
Et à chaque voyage, une nouvelle expérience : que m’apportera celui-ci ? Je ne peux jamais prévoir. Je sais juste que c’est à chaque fois surprenant, souvent difficile mais toujours plus éclairant : ça, c’est précieux dans notre monde rempli de doutes.
Une chose est déjà certaine : je me sens enthousiaste pour vous et votre expérience d’autonomie cet hiver !
J’ai confiance en la magie de la pratique Mysore qui rend chaque élève indépendant et à l’écoute de ses besoins propres.
Je me réjouis donc pour vous de goûter au silence de vos pratiques, si riches en révélations sur vous-mêmes, mais aussi aux difficultés que vous rencontrerez car ce sont les vrais enseignants.
Vous allez vivre pendant 3 mois ce que je vis les 9 autres mois de l’année, mais avec un bonus de taille : le soutien de notre petite communauté d’ashtangis qui continuera à se rassembler au shala pour pratiquer ensemble plusieurs fois par semaine !
Quelques mots partagés durant le dernier satsang
L’hiver n’est pas une période où l’on cherche à avancer dans son apprentissage des asanas mais plutôt un temps où l’on maintient ce qui a été appris, voire où l’on reconstruit de façon plus stable ce que l’enseignant vous a transmis plus tôt dans l’année.
J’insiste sur l’importance de ne pas arrêter complètement sa pratique : la saison invite déjà au ralenti, mais il est important de maintenir un équilibre en gardant du mouvement, même plus petit, même plus court, mais de ne pas se figer, au risque de voir le corps se raidir et l’esprit s’embourber dans le « down » hivernal…
Dans certains cas, l’automne, souvent source d’agitation et d’immunité affaiblie, vous aura peut-être comme moi fatigué, blessé, malmené : l’hiver est alors un moment propice pour guérir, comprendre les messages que le corps nous a envoyé et restaurer sa pratique avec ces nouveaux apprentissages.
Lorsque la vie nous a mis à l’arrêt, il est important que votre pratique vous permette de garder un mouvement : que ce soit un simple moment de concentration sur le mouvement de votre souffle ou une pratique réduite à quelques salutations modifiées, marquez le coup, continuez votre engagement envers vous-même en gardant votre rdv journalier pour prendre soin de vous.
Puis petit à petit, reconstruisez votre pratique avec méthode : quand l’énergie revient, que la maladie ou la blessure s’apaisent, rajoutez petit à petit les postures. Cela peut prendre des semaines ou des mois pour retrouver l’entièreté de vos asanas, mais ce n’est pas du temps perdu : votre corps aura appris comment rendre ces poses plus pérennes, et d’autres enseignements plus essentiels auront été intégrés en cours.
Soyez patient, et persévérant !
3 mots clés pour vous :
- Simplicité : mieux vaut faire peu mais avec présence, que rien parce qu’on n’a pas le temps ou la motivation de faire sa pratique complète. Simplifiez aussi votre arrivée sur le tapis : pas de chichis, le contexte n’a pas besoin d’être parfait pour que vous vous lanciez, ce ne sont souvent que des excuses…
- Confiance : ayez confiance en votre propre sagesse, en votre propre intuition. Un enseignant ne fait que raviver ce qui est déjà présent en chaque élève : chérissez vos « erreurs » comme des apprentissages, pour toujours aller un peu plus loin dans la compréhension de vous-même.
- Amour : ne perdez pas le lien de joie que vous avez avec votre pratique. Il est normal de temps à autre de se sentir frustré.e, perdu.e ou en lutte pour monter sur son tapis : il y a sûrement un obstacle riche d’enseignement derrière ce moment difficile à passer. Reconnectez vous avec cet amour de vos premières pratiques, ce n’est jamais bien loin !
Voilà, j’arrive bientôt à l’aéroport.
Que dire de plus mis à part me rappeler, à moi-même, comme cette pratique à transformer ma vie. A quel point les difficultés que j’ai dû surmonter avec elle en ont toujours et tellement valu la peine.
Le chemin de la facilité et des plaisirs immédiats ne nous mène pas bien loin.
Le chemin escarpé, lui, nous emmène à des hauteurs insoupçonnées, vers un bonheur plus durable : gardez courage dans l’ascension parfois difficile, le paysage n’en sera que plus remarquable !
Avec toute ma tendresse,
Mélanie
